Logiciel libre / culture libre

Mes logiciels préférés

Dans mes articles concernant les distributions ou les logiciels phares du logiciel libre, je me suis efforcé de rester aussi objectif que possible, que les logiciels abordés dans ces articles correspondent ou non à mes préférences personnelles dans leurs différents domaines d’application.

Mais je me suis dit qu’il pouvait être intéressant que j’aborde dans un autre article mes logiciels préférés, car comme ce sont ceux que j’utilise évidemment le plus, ce sont également ceux dont je peux le mieux parler. Cet « autre article » est celui que vous avez présentement sous les yeux.

A l’instar de l’approche proposée dans l’article traitant des logiciels phares, mes logiciels préférés sont exposés ci-dessous par domaines d’application.

Système d’exploitation : Debian GNU/Linux

J’ai effectué mes premières armes d’utilisateur de GNU/Linux à la toute fin des années 1990, à une époque à laquelle Internet n’était pas encore aussi développé qu’aujourd’hui auprès du grand public et à laquelle les connexions étaient lentes. A cette période, la façon la plus facile d’obtenir une destribution GNU/Linux n’était pas encore de la télécharger mais d’en obtenir les CD d’installation, par exemple dans un magazine spécialisé vendu en kiosque.

C’est ce que j’ai fait à l’époque avec la distribution Debian, dans sa version 2.2 nommée « Potato1 ».

Il s’agit également d’une époque à laquelle les procèdures d’installation de ces distributions étaient encore un peu brutes. On se voyait par exemple recommandé de se munir des caractéristiques de fréquences de balayage horizontal et vertical de son moniteur (cathodique) pour être certain de le configurer correctement, sous peine de risquer de détériorer le matériel … ce qui n’était pas trop rassurant.

Puis, dans les années 2000 et apparue la distribution Ubuntu.

Comme bien d’autres, j’ai été séduit par sa facilité d’installation. De plus, comme elle était basée sur la distribution Debian que j’utilisais auparavant, j’étais en terrain connu pour tout ce qui concerne les outils de configuration.

Par ailleurs, la distribution Debian, fidèle à son mot d’ordre qui veut qu’une nouvelle version sorte « quand elle est prête », avait tendance à laisser s’écouler des mois, voire même des années, entre deux versions successives. On se retrouvait vite avec des versions assez datées de certains logiciels dont on aurait voulu suivre l’actualité.

Or, à cette époque, je m’intéressait beaucoup à l’évolution rapide des deux environnements de bureau les plus populaires pour GNU/Linux : Gnome (alors en version 2.x) en particulier et KDE (alors en version 3.x) plus tardivement. Le projet Gnome sortait une mise à jour de son environnement tous les six mois, ce que faisait également la distribution Ubuntu avec un mois de décalage, le temps d’intégrer les nouveautés.

Je ré-installais donc mon système avec enthousiasme tous les six mois également (car les procèdures de mise à jour d’une version d’Ubuntu à la suivante ne fonctionnaient jamais parfaitement). En m’intéressant également à l’environnement produit par le projet KDE, il m’arrivait même de réinstaller plus souvent que cela, passant de la distribution Ubuntu basée sur Gnome à sa consœur Kubuntu basée sur les logiciels KDE.

Mais j’ai fini par me lasser de ce rythme de réinstallations. Toujours avide de suivre les nouveautés aussi bien de Gnome que de KDE, je voulais une distribution qui propose des versions récentes aussi bien de l’un que de l’autre.

J’ai alors découvert la distribution Arch Linux et son concept de diffusion en continu (« rolling release »). Son principe est de ne pas diffuser des versions périodiques comme (K)Ubuntu, mais de mettre à jour ses dépôts en continu avec des versions fraîchement publiées de chaque logiciel au fur et à mesure que leur projets respectifs les sortent.

Arch Linux semblait donc être la distribution idéale qui me permettrait de suivre les évolutions de Gnome au rythme de publication de Gnome et les évolutions de KDE au rythme de publication de KDE ; et ce sans plus jamais avoir à ré-installer mon système.

Mais ce dernier espoir, celui de ne plus jamais avoir à réinstaller mon système, s’est vu finalement déçu. Le système de mise à jour en continu fonctionnait bien concernant des projets tiers comme Gnome ou KDE, mais pas aussi bien pour les mises à jour touchant au cœur même de la distribution, notamment son gestionnaire de paquets Pacman.

Et ce qui devait arriver arriva, une mise à jour a fini par mettre mon système dans une impasse de laquelle je ne pouvais me sortir qu’en le ré-installant complètement une nouvelle fois. Devant cette nécessité et cet espoir déçu, je me suis dit que cela pouvait à nouveau être l’occasion de changer de distribution.

C’est alors que la distribution Debian s’est rappelée à mon bon souvenir. Je me suis souvenu que cette distribution gérait ses versions successives selon deux logiques parallèles :

Une logique de versions absolues
Chaque version de Debian porte un nom définitif qui est le nom d’un personnage du film d’animation Toy Story. A Potato a succédé Woody, puis Sarge, puis Etch, puis Lenny …
Une logique de versions relatives

Mais chaque version porte également à un moment donné un autre nom qui est fonction de sa position dans le cycle de développement. Ainsi Stable est la version actuellement considérée comme stable, Testing est la prochaine version en préparation, Unstable (aussi appelée Sid) est la version dans laquelle se déroulent les activités de développement dont on ne sait pas encore si elles finiront ou non par figurer un jour dans une version stable.

Ainsi, quand Potato était la version Stable, Woody était la version Testing. Puis Woody est officiellement sortie et a été promue en Stable ; Sarge s’est alors retrouvé en position Testing …

Cette logique de versionnage relatif peut être mis à profit pour émuler une sorte de diffusion continue. En configurant mon sytème pour être sur Stable, il se rafraîchira automatiquement à chaque fois qu’une nouvelle version sera promue à cette position. Et il est possible procéder de même avec un système configuré sur Testing pour avoir des paquets logiciels en versions plus récentes (au prix d’un petit risque d’instabilité).

Le bémol par rapport à une véritable « rolling release » est que les versions Stable et Testing se voient gelées, c’est à dire privées de toute mise à jour, durant une période de stabilisation précédant la sortie d’une nouvelle version. Et il est arrivé par le passé que cette période de gel dure plusieurs mois …

Mais en dehors ce ces périodes de gel, les sorties de versions de Debian, quoi que toujours apériodiques, semblent quand même nettement plus soutenues qu’à l’époque de Potato.

Et puis, entre temps, je me suis lassé de suivre les environnements graphiques Gnome et KDE. En fait, je me suis découvert un affinité avec l’ergonomie proposée par les gestionnaires de fenêtres pavants, et mon choix d’environnement graphique s’est finalement porté sur XMonad.

Or XMonad est un logiciel mature dont l’actualité n’est pas aussi soutenue que celle des projets Gnome et KDE. Quand on l’utilise, on ne ressent donc aucun impératif de devoir coller à un quelconque rythme de sorties. La question du rythme de sortie de ma distribution de choix s’en trouve d’autant moins importante.

Je me suis donc remis à utiliser Debian avec le sentiment d’avoir atteint une certaine maturité dans mon utilisation des logiciels libres. J’ai en effet fini par cesser de faire la girouette et par stabiliser mes habitudes sur des logiciels éprouvés me convenant (précisément ceux qui sont exposé dans le présent article).

J’apprécie donc Debian pour ses qualités reconnues :

Debian est donc la distribution qui convient le mieux à mon usage, à mes habitudes et à mon niveau de compétence en administration système (relativement à l’aise, mais certainement pas un dieu vivant de l’admistration système).

Il m’arrive de m’intéresser occasionellement à d’autres distributions proposant des innovations intéressantes. C’est notamment le cas de la distribution NixOS et son système de gestion de paquets logiciels basé sur une logique fonctionnelle pure.

Mais il ne s’agit là pour l’heure que de projets expérimantaux. Debian reste mon système de choix quand il s’agit de faire en sorte que mes ordinateurs soient réellement utilisables.

Environnement graphique : Xmonad

Pour quelqu’un qui aurait l’habitude d’utiliser un système d’exploitation propriétaire, comme Windows ou MacOS, et qui passe à un système libre, comme GNU/Linux ou BSD ; l’un des aspects les plus déroutants est sans doute le vaste choix possible parmi un grand nombre d’environnements graphiques différents.

J’utilise ici le terme « environnement graphique » au sens large. Il peut désigner aussi bien des environnements de bureau intégrés complets comme Gnome, KDE Plasma ou Enlightenment que de simples gestionnaires de fenêtres comme Openbox, Window Maker ou … XMonad.

Autant d’environnements graphiques, autant de choix ergonomiques différents (subtilement ou radicalement).

Les utilisateurs qui ne connaissent que Windows ou MacOS ne se figurent pas à quel point les approches ergonomiques immaginables peuvent être nombreuses et différentes ; parfoit radicalement.

En particulier, ils ignorent souvent l’existance même de l’approche des gestionnaires de fenêtres pavants (ou gestionnaires « en tuiles », appelées « tiling window managers » en anglais).

Windows comme MacOS (et comme Gnome, KDE Plasma, Cinnamon ou encore Enlightenment, les environnements les plus populaires pour GNU/Linux) proposent des systèmes de fenêtrage flottants. Cela signifie que les fenêtres peuvent être maximisées, minimisées, redimensionnées, déplacées et surtout qu’elles peuvent se chevaucher les unes les autres. Tout ceci se fait généralement en utilisant la souris.

Avec un système de fenêtrage pavant, c’est le système qui se charge automatiquement de l’agencement des fenêtres plutôt que l’utilisateur avec sa souris. Toutes les fenêtres présentes à l’écran son agencées automatiquement, en fonction d’un mode spécifié, pour couvrir la totalité de la surface disponible sans se chevaucher les unes les autres.

Je conçois que simplement expliqué en ces quelques mots, sans démonstration visuelle, cela puisse paraître confu et d’une utilité douteuse. Pire, cela pourrait apparaître comme une grosse perte de pouvoir de l’utilisateur, puisqu’il ne peut plus redimensionner librement ses fenêtres.

Mais il y a évidemment quelques précisions à apporter à ce sujet :

Les gestionnaires pavants sont en fait plus conformes que les gestionnaires flottants à un mot d’ordre qui résume mon idée de l’informatique :

La Machine existe pour satisfaire les besoins de l’Homme et pas l’inverse.

Autrement dit, si une tâche basique, fastidieuse et répétitive peut être automatisée, c’est pour le mieux. En revanche si l’humain doit effectuer des tâches basiques, fastidieuses et répétitives pour permettre à une machine de fonctionner correctement, alors on a probablement à faire à un cas d’automatisation mal pensée.

Dans une certaine mesure, et toutes proportions gardées, c’est un peu le cas des gestionnaires flottants pour lesquels l’utilisateur va devoir effectuer la tâche basique, fastidieuse3 et répétitive de redimensionner des fenêtres.

Il existe plusieurs de ces gestionnaires pavants pour GNU/Linux. J’ai jeté mon dévolu sur XMonad, principalement pour le fait qu’il est écrit avec le langage de programmation Haskell qui se trouve être un langage que j’affectionne particulièrement et que j’ai commencé à étudier à peu près à la même période.

XMonad se configure d’ailleurs en écrivant des extensions en langage Haskell. Passer à XMonad au moment ou je voulais approfondir mes connaissances en langage Haskell était donc également pour moi l’occasion de faire d’une pierre deux coups (quoique la simple configuration de XMonad ne recquiert finalement pas des connaissances vraiment approfondies en langage Haskell).

XMonad propose, de base 3 modes d’agencement :

Le mode horizontal (mode « Tall »)

Dans ce mode, une fenêtre est considérée comme principale et occupe la totalité de la partie gauche de l’écran. Cette « partie » gauche correspond par défaut à la moitié de la largeur de l’écran mais peut facilement être redimensionnée avec des raccourcis clavier (dans ma configuration, Meta+Shift+← permet de la réduire sur la gauche et Meta+Shift+→ permet de l’étendre sur la droite).

Toutes les autres fenêtres se répartissent la partie droite de l’écran en se positionnant les unes au dessus des autres et en se partageant à parts égales l’espace vertical de cette zone.

Il est possible, toujours par des raccourcis clavier (mais aussi par la souris), de sélectionner les différentes fenêtres présentes à l’écran et de promouvoir la fenêtre actuellement sélectionnée comme fenêtre principale. Elle permute alors sa position avec celle de la précédente fenêtre principale.

Le mode vertical (mode « Mirror Tall »)
Il s’agit d’un mode qui fonctionne de façon analogue au précédent, mis à part le fait que la zone de la fenêtre principale couvre non pas la partie gauche de l’écran mais sa partie haute et que les autres fenêtres ne se répartissent pas verticalement sur la partie droite mais horizontalement sur la partie basse.
Le mode plein écran (mode « Full »)

Dans ce mode, la fenêtre sélectionnée occupe la totalité de l’espace disponible à l’écran et les autres fenêtres sont cachées « derrière », comme elles le seraient dans une gestion flottante avec des fenêtres maximisées.

Il est là encore possible de changer de fenêtre sélectionnée par des raccourcis clavier. J’utilise notamment Meta+Tab de la même façon que les utilisateur de Windows utilisent Alt+Tab.

J’utilise la plupart du temps le mode plein écran. Rétrospectivement, à l’époque ou j’utilisais des gestionnaires de fenêtres flottants, j’utilisais quasiment systématiquement des fenêtres maximisées. Le mode plein écran de XMonad me permet donc de gérer la plupart des cas d’utilisation dont j’ai pris l’habitude. Je n’ai juste plus besoin de cliquer sur une icône de maximisation quand je lance une nouvelle fenêtre.

Le mode horizontal me sert notamment quand je veux effectuer des copies de fichiers. J’invoque alors deux fenêtres de gestionnaires de fichiers, une pour la provenance et une autre pour la destination. Ces deux fenêtres viennent alors automatiquement ce coller l’une à l’autre, chacune sur une moitié d’écran, sans que j’ai à les positionner à la souris ou avec des raccourcis clavier comme Meta+← et Meta+→ comme je devais le faire à l’époque à laquelle j’utilisais Gnome.

Un autre avantage de cette approche est qu’elle rend inutile la présence d’une barre d’entête de la fenêtre pour y faire figurer des boutons de maximisation et de minimisation ou pour la déplacer. De même, les bordures de fenêtres, habituellement utilisées pour permettre leur redimensionnement, n’ont plus besoin d’être suffisamment épaisse pour permettre leur manipulation avec la souris.

Ceci représente autant de surface gagnée à l’écran et qui peut être dévolue au contenu utile de la fenêtre plutôt qu’à sa gestion pour l’environnement graphique. Seule subsiste autour de chaque fenêtre une petite bordure d’un seul pixel d’épaisseur et qui passe au rouge pour indiquer visuellement laquelle des fenêtres présentes à l’écran est actuellement sélectionnée.

Comme cela peut être déduit des précédents paragraphes, l’accent est mis sur l’utilisation de raccourcis clavier. De fait, les gestionnaires pavants sont attractifs surtout pour les utilisateurs qui, comme moi, intéragissent avec la machine plus volontier par le clavier que par la souris. Il s’agit là d’un fondement même de leur existance.

Le but est d’éviter de perdre du temps à sans cesse passer du clavier à la souris pour ensuite revenir au clavier … Un tel environnement prend donc tout son intérêt avec une sélection de logiciels qui sont eux-mêmes pilotables au clavier. Cet impératif se ressent évidemment sur le reste de la sélection de logiciels exposée dans le présent article.

Comme XMonad est entièrement configurable via des extensions écrites en langage Haskell, il est possible de choisir les raccourcis clavier utilisés. En ce qui me concerne, j’ai complètement personnalisé ces raccourcis afin qu’ils soient optimisés pour :

J’utilise XMonad conjointement avec le programme XMobar qui apose en haut de l’écran une petite barre d’état, entièrement configurable, permettant d’afficher des informations utiles en permanence et visibles sur tous les bureaux virtuels. Je l’ai personnellement configurée pour afficher les informations suivantes :

Tout ceci me donne un système qui obéit au doigt et à l’œil (littéralement, pour ce qui concerne le doigt).

Edition de texte : (g)Vim

Vim est, avec GNU Emacs, l’un des deux gros monuments parmi les éditeurs de texte. Et il entretient avec ce dernier, dans le cœur des hackers, une certaine rivalité.

Au vu de certains échanges sur des forums sur Internet, cette rivalité semble même parfois tourner à la guerre de religion.

Mes premières années d’utilisation de logiciels libres m’ont en fait vu être un fervent utilisateur de GNU Emacs. Les premiers contacts lors de mes études avec Vi, dont Vim est un descendant, ne m’en avaient pas laissé un souvenir impérissable. Et puis à cette époque à laquelle je découvrais les logiciels libres, notamment à travers le projet GNU, il suffisait que ce soit l’éditeur de texte de Richard Stallman pour que je veuille l’utiliser aussi.

Mais plus récemment, j’ai voulu en avoir le cœur net et évaluer Vim pour le comparer avec Emacs de façon circonstanciée. Ce que j’ai alors appris de l’utilisation de Vim m’a conquis :

Conversion de documents : Pandoc

Je déteste les outils du bureautique, en dehors des tableurs auxquels je trouve une vraie utilité. Je déteste en particulier les logiciels de traitement de texte comme Microsoft Word.

Le fait qu’il en existe des libres, comme Libre Office Writer, n’y change rien. Je n’aime pas cette façon de créer des documents.

Un logiciel de traitement de texte ne doit pas être confondu avec un éditeur de texte. Alors que ce dernier ne permet que d’éditer du texte pur, dépourvu de quelle que mise en forme intrinsèque que ce soit, le premier sert à éditer du texte « riche », dans un format de fichier plus sophistiqué qui retiendra également des notions de mise en forme telles que des sauts de page, des polices et des tailles de caractères, des portions en gras ou soulignées …

Ce qui me déplait au plus au point est précisément cet entremêlement des considérations de fond et de forme auquel poussent les logiciels de bureautique. On y passe généralement autant de temps à paufiner et à revenir sur la mise en forme du texte qu’à élaborer son contenu et son sens profond.

Mais d’autres approches sont possibles quand il s’agit de créer des documents. Il existe des langages de définition de documents basés sur des fichiers de texte pur qui sont ensuite interprétés par des programmes chargés de produire des fichiers définitifs en reprenant le contenu et le mettant en forme avec les polices de caractères et autres sauts de pages voulus.

Des exemples célèbres de tels formats sont TeX et LaTeX.

Un autre, plus simple et dont je me sers régulièrement est Markdown. D’ailleurs, les mots que vous êtes présentement en train de lire on été initialement tapés en Markdown avec Vim.

Je me suis donc détourné des logiciels de bureautique pour adopter Markdown, un format texte qui permet de décrire le contenu et la structure d’un document. Ce contenu structuré peut ensuite servir à alimenter un programme capable de générer des documents définitifs et mis en forme dans divers formats de fichiers. Mais encore faut-il disposer d’un tel programme de conversion.

C’est précisément là qu’entre en scène Pandoc. Il s’agit d’un programme utilisable en ligne de commande et capable de prendre en entrée des fichiers dans un certain nombre de formats et de les convertir en sortie dans d’autres formats.

Pour ce qui m’intéresse, il est notamment capable de prendre en entrée des fichiers au format Markdown et de produire en sortie des fichiers aux formats HTML, PDF ou ODT. Il est également capable de produire de fichiers au format DOCX de Microsoft Word, mais je préfère personnellement les formats de fichiers ouverts.

Navigation web : Firefox (Iceweasel)

Firefox est un véritable emblême du logiciel libre.

Dans les années 1990, deux navigateurs se faisaient concurrence : Netscape Navigator et Microsoft Internet Explorer.

Cette guerre fût gagnée par Internet Explorer qui était alors pré-installé avec Windows, sans possibilité de le désinstaller. Les utilisateurs candides qui n’avaient même pas conscience d’avoir le choix se retrouvaient donc à utiliser Internet Explorer par défaut. Le succès de ce dernier reposait essentiellement sur un défaut de choix de la part de ses utilisateurs plutôt que sur un choix conscient.

Bien que cette pratique ait par la suite été pointée par les instances officielles comme un abus de position dominante pour laquelle Microsoft a été comdamné en 2010 puis en 2013, concernant Netscape le mal était fait et la société ne s’en est pas relevée. Les libristes ne pouvaient qu’enrager de voir une situation de monopole propriétaire se conforter au mépris même des gardes fous les plus conservateurs de la législation sur la concurrence.

Mais dans un ultime effort, la société Netscape a libéré le code de son navigateur, le rendant visible à la communauté des développeurs libristes et leur permettant de le reprendre à leur compte. Ainsi est née la fondation Mozilla et son navigateur Firefox.

Quelques années plus tard, suite à la disparition de son seul concurrent d’envergure, Internet Explorer, alors dans sa version 6, se trouvait dans une position totalement hégémonique sur le marché. Ceci au grand dam des utilisateurs et des développeurs du marché émergeant des applications web, tant le navigateur de Microsoft était limité, lent et peu respectueux des standards du web comme les langages HTML et CSS.

Quand Firefox est sorti avec son rendu des pages plus performant et plus respectueux des standards et en proposant des innovations ergonomiques comme l’ouverture de pages dans des onglets, il a vite commencé à tailler des croupières à Microsoft et à conquérir des parts honorables sur le marché des navigateurs, surtout en Europe.

Au delà de ce succès technique, cette tout un symbôle qu’incarne Firefox. Celui de la possibilité pour un logiciel libre porté par une fondation à but non lucratif de s’attaquer avec succès au pire des monopoles assis sur les pratiques commerciales les moins éthiques.

Firefox a ainsi ouvert la voie et est aujourd’hui rejoint par d’autres navigateurs, dont Chromium et Chrome de Google.

Mais je conserve ma préférence pour Firefox, non pas seulement pour le symbôle qu’il représente dans l’histoire des logiciels libres, mais également pour le nombre et la qualité de ses extensions qui peuvent réellement transformer l’expérience Internet. Je ne pourrais par exemple plus me passer d’un bloqueur de publicités, et à ce que j’ai constaté c’est avec Firefox qu’ils fonctionnent le mieux.

Il est à noter que, comme j’utilise la distribution Debian, ce n’est pas « Firefox » qui m’est proposé mais « Iceweasel ». Iceweasel n’est en fait autre que Firefox dépouillé de tout ce qui constitue une marque déposée par la fondation Mozilla. Il y a en effet quelques désaccords entre cette dernière et le projet Debian à ce sujet ; mais rien qui n’est d’implication pratique sur l’utilisation du logiciel lui-même.

Courrier électronique : Thunderbird (Icedove)

Thunderbird est le complément logique de Firefox, le courrier électronique étant avec la navigation web la principale utilisation grand public d’Internet.

Avec Thunderbird, le courrier électronique est globalement un problème résolu. C’est pourquoi le développement de ce logiciel est plus ou moins en sommeil ; non pas que le projet soit abandonné, mais il n’y a plus vraiment de problèmes à résoudre.

Après avoir utilisé des environnements du bureau intégrés comme Gnome ou KDE Plasma, avec leurs logiciels de courrier électroniques associés (respectivement Evolution et KMail), je suis revenu à Thunderbird et j’ai apprécié le fait qu’il ne cherche justement pas à s’intégrer à un environnement global.

Le fait est que j’utilise un certain nombre de boîtes aux lettres électroniques différentes, toutes configurées en IMAP dans mes logiciels de courrier électronique. L’accès à chacune de ces boîtes aux lettres est évidemment protégé par un mot de passe qu’il serait fastidieux de devoir retaper à chaque fois.

Heureusement, tout logiciel de courrier électronique peut être configuré pour retenir les mots de passe et ne pas demander à l’utilisateur de les retaper à chaque fois. Mais avec les logiciels intégrés aux environnements de bureaux, quand ils sont ainsi configurés, c’est le portefeuille centralisé de mots de passe de l’environnement de bureau qui prend le relai et qui demande, à chaque fois, de taper le mot de passe maître qui se substitut à tous les mots de passe spécifiques à chaque boîte aux lettres.

Je conviens qu’il est moins fastidieux de taper un mot de passe maître qu’autant de mots de passe que je possède de boîtes aux lettres. Mais avec Thunderbird, les mots de passe sont définitivement mémorisés par le logiciel de courrier lui-même et je ne suis jamais sollicité pour taper, encore et encore, toujours le même mot de passe.

Tout comme Firefox est remplacé dans Debian par Iceweasel, Thunderbird est quant à lui remplacé par Icedove.

Construction de sites web : Hakyll

Hakyll, comme XMonad et Pandoc, est un logiciel que j’ai découvert en étudiant le langage de programmation Haskell.

Il s’agit d’un générateur de sites statiques prenant la forme d’une bibliothèque en langage Haskell, qui s’appuie sur Pandoc et qui remplace les makefiles que j’utilisais auparavant avec ce dernier et GNU Make pour générer mes sites web à partir de fichiers Markdown.

Plus exactement, il s’agit d’une bibliothèque Haskell qui me permet d’écrire simplement un programme dans ce langage pour générer un site web à partir d’un ensemble de fichiers de contenu en Markdown et de fichiers modèles de pages web en HTML.

Le présent site est bien évidemment généré à l’aide d’Hakyll.

Divers outils en ligne de commande

Je ne rechigne pas à utiliser la ligne de commande plutôt qu’un logiciel graphique quand cela me paraît être une solution plus efficace. La ligne de commande présente en particulier l’avantage de ne pas rompre le flot de trvail des utilisateurs qui, comme moi, prèfèrent une ergonomie basée sur l’utilisation du clavier plutôt que de la souris.

Parmi les commandes qui m’épargnent un temps appréciable pour des opérations que j’effectue régulièrement :

Autres domaines d’application sans préférences marquées

Les logiciels cités dans les précédentes sections couvrent l’essentiel de l’utilisation que je fais d’ordinateurs (hors de mon cadre professionnel, dans lequel je n’ai pas le choix de tous les logiciels que j’utilise).

Il existe néanmoins d’autres domaines d’application qui, soit me sont d’un usage moins régulier, soit sont des domaines pour lesquels le choix d’un logiciel plutôt qu’un autre ne m’as pas paru si important ou produisant une réelle différence d’expérience. Je vais tout de même citer ces logiciels que j’utilise plus ou moins régulièrement sans que cela corresponde à un choix spécialement engagé de ma part :

Edition de graphismes matriciels : le Gimp
L’usage que j’ai d’un tel logiciel, pour effectuer quelques retouches basiques de photographies, est des plus rudimentaires en comparaison de tout ce que ce logiciel peut apporter à un utilisateur plus averti.
Edition de graphismes vectoriels : Inkscape
Même commentaire que pour le Gimp.
Lecture audio :

J’écoute rarement de la musique sur mon ordinateur. J’en écoute plutôt sur un baladeur numérique quand je marche ou en voiture sur mon autoradio.

Je puis cependant préciser que je suis un adepte du format audio FLAC ; ce qui nous amène à …

Conversion de CD audio en fichiers numériques (au format FLAC) : Asunder
Ce logiciel me satisfait par le fait qu’il peut être configuré pour produire des fichiers dont les noms suivent un format proche de celui que je veux obtenir en définitive et qui demande donc peu de retouches (retouches que j’effectue avec mmv).
Lecture vidéo : VLC

Je visionne rarement des fichiers vidéo sur mon ordinateur. Je préfère le confort d’une télévision dans un salon.

Je dispose à cet effet d’une Freebox (fonctionnant sous Linux) capable de lire des disques optiques (DVD / BluRay) ou des disques durs branchés en USB. A noter : la Freebox, contrairement à la plupart des appareils grand public, reconnait les disques formatés en Ext4 et est capable de lire de nombreux formats de fichiers vidéo, dont les fichiers Matroska.

Mais quand je visionne tout de même une vidéo sur mon ordinateur, j’utilise généralement VLC, car je suis confiant dans le fait que je n’aurai probablement pas de souci de prise en compte du codec de la vidéo.


  1. Chaque version de Debian est nommée d’après un personnage apparaissant dans le film d’animation Toy Story.

  2. Apparement, les utilisateurs de MacOS peuvent quant à eux bénéficient de cette innovation depuis la version OS X 10.7, sorti en octobre 2010 ; ce qui me parait incroyablement tardif pour un système Unix et qui me fait douter du fait que leur emploi soit véritablement répandu chez les utilisateurs de ce système d’exploitation. J’en suis médusé quand je vois à quel point il me serait personnellement devenu difficile de m’en passer.

  3. Le terme de « fastidieux » peut paraître un peu exagéré s’agissant de redimensionner des fenêtres. Toujours est-il que je ne connais personne qui en ait fait une activité de loisir à part entière.