Logiciel libre / culture libre

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Dans l’expression « logiciel libre », la notion de « libre » s’envisage du point de vue de la notion de « propriété intellectuelle », comme dans l’expression « libre de droit ». Cependant « logiciel libre » n’est pas exactement synonyme de « logiciel libre de droit » (comme le sont les œuvres qui ont été élevées dans le domaine public).

Un logiciel qui n’est pas libre est appelé « logiciel propriétaire ».

Préambule technique

Pour comprendre les ressorts du logiciel libre, et ce en quoi il se distingue du logiciel propriétaire, il est nécessaire de connaître quelques aspects techniques du développement de logiciels :

Différences concrètes entre le logiciel libre et le logiciel propriétaire

Le logiciel propriétaire est « protégé » par différentes mesures :

Le droit d’auteur

Comme toutes les œuvres de l’esprit, le logiciel est soumis au droit d’auteur. Il s’accompagne d’une licence d’utilisation qui précise qui a le droit de s’en servir et qui a le droit d’en faire des copies, de les redistribuer et selon quelles modalités.

En général dans le cas du logiciel propriétaire, l’utilisateur n’a pas le droit d’en faire des copies car l’éditeur fonde son modèle économique sur la vente de ces copies ; possibilité dont il se réserve donc l’exclusivité.

Le secret
un logiciel propriétaire est généralement uniquement distribué au public sous sa forme binaire. Cette forme n’étant pas compréhensible par l’humain, le détail de son fonctionnement est ainsi conservé secret (comme un secret de fabrication).

Les termes « protéger » ou « protection », sans plus de précision, véhiculent une image intrinsèquement positive. Mais il convient alors de bien identifier ce qui fait l’objet de cette protection ; et contre qui ou quoi. Ainsi une protection oppose toujours deux parties : une partie bénéficiaire et une partie considérée comme potentiellement hostile contre laquelle la partie bénéficiaire est protégée.

Dans le cas du logiciel propriétaire, la partie bénéficiaire n’est pas l’utilisateur mais l’éditeur du logiciel et ce que l’on cherche avant tout à protéger est ce modèle économique basé sur la vente de copies et de licences d’utilisation.

L’utilisateur, quant à lui, est en fait la partie contre laquelle ces mesures de protection sont prises ; ces dernières lui étant donc hostiles.

Un logiciel libre est un logiciel dont les auteurs renoncent à ces « protections » hostiles aux utilisateurs, en appliquant des licences d’utilisation beaucoup moins restrictives (pour ce qui est de la « protection » par le droit d’auteur) et en publiant le code source (pour ce qui est de la « protection » par le secret).

Concrètement, et à la différence d’un logiciel propriétaire, un logiciel libre peut :


  1. Le passage du code binaire au code source n’est en fait pas totalement impossible. Il existe des décompilateurs qui, à partir d’une forme binaire peuvent recréer une forme source ; mais pas la forme source originelle. Ces formes sources recréées ne présentent généralement pas les qualités de lisibilité et d’intelligibilité de la forme source originelle écrite par des humains. Ce procédé, de toute façon interdit en temp normal sur les logiciels propriétaires, n’est qu’un ultime recours quand on n’a pas d’autre solution. Il ne constitue en aucun cas la base d’une façon « normale » de travailler dans le monde du logiciel.